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Crues: épisode "loin d'être terminé", le bas d'Angers inondé, la Loire-Atlantique en rouge
information fournie par AFP 19/02/2026 à 21:26

Le Pont de Verdun, à Angers, au-dessus de la Maine, le 18 février 2026 ( AFP / Sebastien Salom-Gomis )

Le Pont de Verdun, à Angers, au-dessus de la Maine, le 18 février 2026 ( AFP / Sebastien Salom-Gomis )

Des communes du Sud-Ouest inondées depuis plus d'une semaine, le bas d'Angers sous les eaux et la Loire-Atlantique à son tour en vigilance rouge: l'épisode de crues "d'une ampleur exceptionnelle" est "loin d'être terminé", a prévenu jeudi le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

"Nous sommes encore très inquiets", a souligné la ministre de la Transition écologique Monique Barbut.

Le gouvernement appelle la population à la "plus grande prudence" et à respecter les consignes de sécurité, alors que la tempête Pedro traverse le pays d'Ouest en Est.

Météo-France a placé jeudi un cinquième département en rouge, la Loire-Atlantique, en plus de la Gironde, du Lot-et-Garonne, de la Charente-Maritime et du Maine-et-Loire, au 36e jour de pluie consécutif en France, plus longue période de précipitations depuis le début des mesures en 1959.

Dix-huit autres étaient placés en vigilance orange jeudi à 16H00 pour vent, vagues-submersion ou avalanches, dans l'Ouest, de la Normandie aux Landes, sur le littoral occitan de la Méditerranée et dans les Alpes.

- Coupures de courant -

En Loire-Atlantique, une partie du périphérique est de Nantes, dont la chaussée est inondée, est fermée dans les deux sens et douze communes ont activé leur plan communal de sauvegarde, selon la préfecture. Les pompiers ont réalisé plus d'une centaine d'interventions dans le département.

À Angers (160.000 habitants), une résidence autonomies a été évacuée, deux gymnases ont été ouverts pour pouvoir accueillir des habitants, des armoires électriques vont être coupées dans des secteurs gagnés par l'eau, deux ponts et de nombreux axes de transports sont fermés, selon le maire Christophe Béchu.

La cote de 2020 (6,12 m) devait être dépassée dans la journée et "une partie significative du bas de la ville" va commencer à être inondée, a ajouté l'élu, qui "n'anticipe pas d'amélioration au moins avant le début de la semaine prochaine".

À quelques kilomètres, des rues, une place et des parkings étaient immergés jeudi après-midi aux Ponts-de-Cé, en bordure de Loire. Des batardeaux anti-inondations ont été installés par la ville près d'une place inondée pour protéger certaines habitations.

Christine Pilette n'avait pas vu un tel niveau d'eau depuis la crue historique de 1994. Chez ses voisins, une quinzaine de centimètres d'eau inonde le salon.

- "Mobilisation totale" -

"Ils ont mis des meubles dans mon garage en attendant que les choses s'arrangent", dit la retraitée de 65 ans, qui habite la commune depuis près de 40 ans.

"Les crues dans l'Ouest exigent une mobilisation totale", a écrit sur X le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a promis "une indemnisation au plus vite" pour les victimes des crues. Il a réuni jeudi en fin d'après-midi à Matignon plusieurs ministres, des professionnels et préfets.

Une commission interministérielle catastrophes naturelles (catnat) se réunira mardi, "avec deux semaines d'avance", afin d’étudier les premiers dossiers des communes concernées, détaille Matignon dans un communiqué.

À Langon, en Gironde, inondée depuis plusieurs jours, des assureurs ont installé des unités mobiles pour que les sinistrés puissent venir directement déclarer leurs pertes.

Entre les inondations et l'enchaînement des tempêtes, "on a beaucoup de sinistrés, plus de 15.000 actuellement pour GMF", a déclaré à l'AFP l'un d'entre eux, Serge Bouget.

Karen Mauron, responsable de boutique de 53 ans, est "bien contente" "d'avoir des interlocuteurs réels face à face" pour demander "le remplacement de tout ce qu'on aura perdu", "la cuisinière, le réfrigérateur".

- Transports perturbés -

"Mes parents ont acheté la maison il y a 38 ans et c'est jamais arrivé", a-t-elle ajouté.

Dans le Lot-et-Garonne, près de 1.750 personnes ont été évacuées depuis le début de l’évènement, selon la préfecture.

Une rue inondée à Libourne, en Gironde, le 19 février 2026 ( AFP / Paul LARGILLIERE )

Une rue inondée à Libourne, en Gironde, le 19 février 2026 ( AFP / Paul LARGILLIERE )

À Saintes, en Charente-Maritime, 1.300 maisons sont inondées, selon un dernier décompte de la mairie. La crue pourrait atteindre son pic "samedi" et se stabiliser "jusqu'à jeudi, sous réserve de conditions météorologiques favorables".

Le temps va enfin devenir "plus sec" à partir de vendredi "sur une bonne moitié sud de la France, et ce jusqu'à mardi", selon Météo-France, mais "l'arrêt des pluies ne signifie absolument pas l'arrêt des crues", a averti Lucie Chadourne-Facon, directrice du service central Vigicrues.

"Toute l'eau qui est arrivée sur les amonts, sur les bassins, va devoir s'évacuer vers la mer. Donc ça, ça va prendre du temps", a-t-elle ajouté.

Inondations et tempêtes ont aussi entraîné des difficultés de circulation sur plusieurs autoroutes du Sud, selon le ministère des Transports, et sur le trafic ferroviaire sur les tronçons Nantes-Angers et Bordeaux-Narbonne, a indiqué la SNCF.

De même, 26.000 foyers restent privés d'électricité, principalement en Nouvelle-Aquitaine, selon Enedis.

Selon les scientifiques du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), les précipitations vont devenir plus fréquentes et plus intenses en raison de l'évolution du climat, ce qui augmentera les inondations au niveau local. L'imperméabilisation des sols et la suppression des haies, fossés, zones humides, pour privilégier les grandes cultures agricoles, peuvent en outre aggraver leurs conséquences.

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